Naître en temps de pandémie de COVID-19: association entre le stress maternel prénatal et le développement cognitif de l’enfant

Lemieux, Roxanne | $0

Quebec Université du Québec à Trois-Rivières 2021 SSHRC


Les femmes enceintes constituent une population particulièrement vulnérable à vivre du stress et de la détresse psychologique face à la pandémie de COVID-19. Une méta-analyse a démontré qu’elles présentent des taux de prévalence de symptômes anxieux et dépressifs plus élevés que les femmes qui étaient enceintes avant la pandémie (Yan et al., 2020). Ces résultats sont préoccupants considérant que ce type de symptômes en cours de grossesse a été associé à des résultats défavorables chez les enfants après leur naissance, dont à des problèmes cognitifs (Tarabulsy et al., 2014) ainsi qu’à des difficultés intériorisées et extériorisées (O’Donnell et al., 2014). Au Canada seulement, au moins 370 000 enfants vont naître d’une mère ayant vécu sa grossesse pendant la pandémie de COVID-19. Il apparaît crucial que la recherche se penche sur les répercussions, sur le développement des enfants, du stress maternel prénatal lié à la COVID-19.

Le projet de recherche a comme objectif principal d’évaluer l’association entre le stress prénatal vécu par les femmes enceintes pendant la pandémie de COVID‑19 et le développement cognitif de leur enfant âgé de 12 mois, en tenant compte du stress vécu en période postnatale. Le stress sera évalué à deux reprises en cours de grossesse (1er et 3ième trimestre) ainsi que 12 mois suivant la naissance de l’enfant à partir de deux types d’indicateurs : des indicateurs subjectifs (c.-à-d., des symptômes de stress post-traumatique, de dépression et d’anxiété, et la présence d’affects négatifs) et des indicateurs objectifs (c.-à-d., les répercussions de la pandémie sur la vie quotidienne). Plus spécifiquement, cet objectif sera évalué par le biais d’un modèle d’équation structurelle. De plus, le projet a comme sous-objectif d’examiner si le sexe de l’enfant et le moment de la grossesse (1er ou 3ième trimestre) exercent un effet d’interaction dans la relation entre l’ampleur du stress maternel prénatal subjectif et objectif rapportée et les habiletés cognitives des enfants.

La contribution scientifique du présent projet est appuyée par le fait, qu’à notre connaissance, aucune étude n’a examiné le développement cognitif des enfants dont les mères étaient enceintes lors d’une pandémie virale. Seulement trois autres projets de recherche ont porté sur le lien entre le stress maternel prénatal lié à un stresseur environnemental et le développement cognitif des enfants, mais ils ont été menés en contexte de désastres naturels (King Laplante et al., 2018; Moss et al., 2017). Or, ce type d’événements se distingue de la pandémie de COVID‑19 par la durée de l’exposition au stresseur, ainsi que par le nombre de femmes enceintes concernées. Par ailleurs, en évaluant de façon distincte le stress objectif et subjectif lors de deux périodes (pré et postnatale), le projet pourrait permettre d’identifier quel(s) élément(s) du vécu des mères face à la pandémie de COVID‑19 est(sont) le(s) plus aversif(s) pour le développement cognitif des enfants. Ces connaissances pourront orienter les

Avec un financement du Gouvernement du Canada

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